Pour faire la lumière sur le paysage actuel de l’investissement, à la fois pour l’investissement d’impact et dans le sens plus large, nous avons récemment discuté avec les experts de chez Avison Young Marion Jones, James Nelson, Amy Erixon, Chris Cheap, Helen Collins et Chris Pilgrim.
Ensemble, ils ont partagé leurs points de vue sur les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, proposant un aperçu mondial des dynamiques changeantes et des possibilités qui se profilent à l’horizon.
Quelles sont les opportunités et défis les plus notables dans les marchés d’aujourd’hui, et où les investisseurs peuvent-ils avoir le plus d’influence ?
Voyons cela de plus près.
Quelles tendances influencent le plus l’investissement en immobilier commercial dans votre région présentement (positivement ou non) ? Lesquelles créent le plus grand élan positif ?
Marion Jones (É.-U.) : Aux États-Unis, les vents contraires des négociations tarifaires ont certainement un effet important dans tous les secteurs et marchés. La bonne nouvelle, c’est qu’ici nous commençons à voir plus d’élan et d’occasions importantes du côté de l’achat. Les investisseurs reconnaissent les possibilités qui se dessinent pour acheter des actifs et être en mode acquisition à ce moment-ci du cycle. Il y a plus de capital de dette disponible cette année qu’en 2024, aidant les acheteurs opportunistes qui voient les prix d’aujourd’hui comme des rabais.
James Nelson (É.-U.) : Le marché des ventes d’investissement cherche encore son équilibre. Au premier semestre de 2025, le volume de ventes annualisé dans toutes les catégories d’actifs était de 365 G$, seulement 48 % du pic précédent de 757 G$ en 2021. L’investissement en multirésidentiel a mené le bal, constituant 35 % du volume de ventes, suivi par l’industriel à 25 %. Les bureaux ont encore de la marge à seulement 17 % du volume.
Amy Erixon (CA) : Au Canada, les liquidités sont demeurées fortes, aidées par les baisses de taux d’intérêt et de forts principes fondamentaux. Même les bureaux s’échangent, malgré des niveaux d’inoccupation records. Les acheteurs privés, les utilisateurs et les gouvernements dominent le marché alors que les institutions diversifient en s’éloignant de l’immobilier pour d’autres secteurs, y compris l’agriculture, le bois d’œuvre et les infrastructures. Jusqu’à présent, les tarifs et menaces de tarifs ont eu plus d’effet que les autres facteurs (comme un lent retour au bureau), augmentant la difficulté à prendre des décisions.
Marie-Claire Laflamme-Sanders (CA): Plus que tarifs douaniers américains, une forte tendance qui affecte les investissements au Canada ralentit la croissance démographique. Depuis des années, le Canada connaît l’une des plus grandes croissances dans l’OCDE. Avec les limites sur l’immigration et l’allocation de visas imposées par le gouvernement en vigueur dès 2025, nous voyons un net ralentissement partout au pays. Le premier secteur de l’immobilier commercial à être touché fut celui des investissements en multirésidentiel, où la croissance locative a chuté partout, mais surtout dans les marchés « portes d’accès », comme Vancouver, Toronto et Montréal. Selon nous cela affectera d’autres catégories d’actifs immobiliers commerciaux au cours des prochains mois, avec les investissements industriels et de bureaux qui dépendent de l’accès à la main-d’œuvre et les investissements en commerce de détail qui dépendent d’un fort niveau de consommation. Une croissance démographique fiable, positive et à long terme est essentielle pour soutenir l’activité immobilière.
Chris Cheap (R.-U.) : Au Royaume-Uni, nous observons une pression à la baisse sur les taux d’intérêt, ce qui occasionne des améliorations stables mais faibles des marchés des investissements. Les volumes de transactions demeurent toutefois faibles alors que la détermination des prix demeure un défi. Il y a des liquidités, mais le capital gravite vers les produits de premier ordre avec des revenus bien établis. Les marchés des occupants de bureaux et industriels se tiennent bien, avec de bons niveaux de demande à Londres et dans les principaux marchés des régions. Le défi vient du manque d’inventaire dans le marché en raison de problèmes de viabilité des développements.
Helen Collins (R.-U.) : Le secteur résidentiel du R.-U. demeure résilient, avec en position de tête les logements pour étudiants, le multirésidentiel, l’unifamilial et les logements abordables. Alors que le financement fait toujours face à des vents contraires, les principes fondamentaux demeurent forts : le déséquilibre offre-demande, la demande soutenue des étudiants nationaux et étrangers, la population vieillissante, la réinvention des secteurs urbains locatifs et l’accessibilité. L’ambition du gouvernement du Royaume-Uni de stimuler l’apport de nouvelles habitations s’accompagne de financement substantiel. Le June Spending Review a aussi annoncé un programme sans précédent d’octrois sur dix ans et une politique locative pour les logements abordables et sociaux, apportant de la certitude pour les investisseurs, les promoteurs et les bailleurs afin qu’ils se préparent à bâtir beaucoup de nouvelles résidences. Parallèlement, nous voyons un grand potentiel pour l’investissement dans les actifs sociaux, abordables et unifamiliaux.
Chris Pilgrim (R.-U.) : Le Royaume-Uni demeure le marché le plus activement investi par des capitaux étrangers. Le capital privé américain mène le bal, mais beaucoup de capital de l’Asie-Pacifique cherche à se déployer dans le marché, vu le retour de la stabilité. Le milieu à faible taux d’intérêt dans bon nombre de grandes banques centrales crée un bon moment pour investir et obtenir des actifs stables ou de prestige dans un marché ancré, établi et diversifié.